# Posté le vendredi 27 mars 2009 21:21

HANNIBAL

HANNIBAL



Hannibal (ou Annibal) fut non seulement un meneur d'hommes, mais aussi un brasseur d'idées. Derrière le capitaine qui fit trembler Rome se cache l'homme politique né dans une Carthage soumise aux influences de l'hellénisme. Hannibal se pose comme le continuateur d'Alexandre, comme l'homme du rassemblement des États méditerranéens. On peut dire que deux cents ans avant César, avant Auguste, Hannibal a compris que le monde ne pouvait retrouver la prospérité que dans l'unité. La « paix romaine » aurait fort bien pu être précédée par une « paix carthaginoise ». Hannibal a été le précurseur et sans doute l'artisan involontaire de l'entreprise d'unification que Rome, après l'échec et la mort du Barcide, mènera inlassablement jusqu'à son terme.

Enfance et jeunesse

Au moment de la naissance d'Hannibal à Carthage, son père Amilcar Barca vient d'être chargé d'un important commandement en Sicile, où Carthage lutte contre Rome depuis 264 avant J.-C. Le premier fait qu'a retenu l'histoire concernant le jeune garçon se situe en 237 avant J.-C. : Amilcar qui a triomphé de la révolte des mercenaires, a été chargé d'un commandement en Espagne ; son fils, âgé de neuf ans, le supplie de l'emmener ; selon Tite-Live, Barca y met pour condition qu'Hannibal prête devant le dieu suprême de la famille, Ba'al Shamim, un serment de haine éternelle à Rome.
Hannibal, ainsi que ses deux plus jeunes frères, Asdrubal II et Magon, passe sa jeunesse en Espagne, dont Amilcar Barca conquiert la partie méridionale. Il reçoit une éducation soignée, à laquelle président des précepteurs grecs, en particulier le Lacédémonien Sosylos, qui sera son historien. Très jeune, il prend part aux combats, et en particulier à l'expédition au cours de laquelle Amilcar Barca trouve la mort, en 231. Il devient alors le second de son beau-frère Asdrubal Ier, qui reçoit en 229 le commandement de l'armée punique et le gouvernement de la province, très largement autonome, qu'elle contrôle en Espagne. En 221 Asdrubal est assassiné et Hannibal, alors âgé de vingt-six ans, est proclamé commandant en chef des troupes carthaginoises, dont la décision est ratifiée par le gouvernement de Carthage.

Prince hellénistique et stratège

C'est à cette date de 221 avant J.-C. que nous connaissons son portrait physique, grâce à des monnaies frappées en Espagne, qui permettent d'identifier un certain nombre de bustes ; le plus beau, en bronze, fut découvert en 1944 à Volubilis au Maroc. Ce sont des copies d'époque romaine du portrait officiel exécuté par un artiste grec lors de la proclamation du jeune chef. Hannibal y apparaît sous l'aspect d'un prince hellénistique, assez proche d'Alexandre qu'il avait pris pour modèle. La tête casquée du musée de Naples, souvent considérée comme portrait d'Hannibal, est une ½uvre du IIe siècle après J.-C. dont l'identification ne repose sur aucune base sérieuse.
Les historiens anciens, Polybe et Tite-Live en particulier, soulignent l'indomptable énergie d'Hannibal – servie par une résistance physique exceptionnelle –, son intelligence et son extraordinaire faculté d'adaptation aux situations les plus difficiles. Ils admirent surtout ses qualités de stratège et de chef capable de diriger des armées disparates dans les pires conditions. L'originalité de sa tactique a surtout été reconnue à l'époque moderne ; elle s'inspire parfois de celle d'Alexandre et de ses successeurs. Non seulement Hannibal utilise des éléphants comme des chars d'assaut, mais il invente les actions de « commandos », constitués par des troupes de choc peu nombreuses mais parfaitement entraînées. Renouant avec les traditions militaires puniques, il recrute des mercenaires aux îles Baléares et en Gaule. Ceux-ci constitueront la masse de man½uvre à laquelle viendront se heurter les forces romaines, notamment à Cannes (216), avant que les troupes carthaginoises ne soient engagées dans la bataille.

Le plan d'Hannibal

Comme son père, Hannibal a été dominé toute sa vie par l'idée de la revanche contre Rome, qui, au terme d'une guerre de plus de vingt ans (264-241), a réduit Carthage au rôle de puissance secondaire en lui arrachant la Sicile et la Sardaigne. Afin d'organiser la revanche, Amilcar Barca avait tenté de trouver des ressources économiques et des expédients militaires nouveaux. Dans cette intention, il avait créé en Espagne un État colonial, organisé comme les royaumes hellénistiques, dont il était le véritable maître. Hannibal a surtout étudié les faiblesses de la confédération italique que Rome a constituée depuis le milieu du IVe siècle. Il vise à en détacher les cités campaniennes et grecques situées au sud du Latium, qui forment les postes clefs de la puissance économique et maritime de Rome. Pour leur permettre de se libérer, il lui faut neutraliser la force militaire des légions. À cette fin Hannibal compte utiliser le potentiel humain du monde celtique et engager des auxiliaires gaulois. C'est cette considération, plus encore que la faiblesse de sa marine, qui le détermine à attaquer l'Italie par voie de terre.

La première phase de la guerre

Son plan mis au point, Hannibal cherche délibérément le conflit, en attaquant Sagonte, ville ibérique alliée de Rome et protégée par l'accord imposé par le Sénat à Asdrubal Ier, qui interdit à l'armée carthaginoise de franchir le Jucar. Les gouvernants romains font preuve d'une irrésolution qui permet à Hannibal de prendre et de détruire la ville. Rome déclare alors la guerre.
Hannibal pénètre en Gaule en contournant les villes grecques de Catalogne. Bien accueilli par les Gaulois Volques qui viennent de s'assurer le contrôle du Languedoc, il établit des garnisons dans certaines de leurs places et s'avance sans combat jusqu'au Rhône. Mais il doit disputer le passage du fleuve à d'autres Gaulois ameutés par les Marseillais, puis remonter vers le nord et forcer le passage à travers les défilés alpestres, sans doute au Grand-Saint-Bernard.
Les batailles du Tessin et de la Trébie (automne 218) donnent aux Carthaginois le contrôle de la Cisalpine. Après s'être reposés en Bologne, ils descendent en mars 217 vers l'Étrurie et écrasent à Trasimène les deux légions du consul Flaminius (21 juin). Hannibal, contournant Rome, marche alors par la côte adriatique vers Capoue, où ses amis politiques ont pris le pouvoir, mais hésitent encore devant la défection ouverte. Fabius Maximus, nommé dictateur à Rome, s'efforce de sauver l'essentiel par une tactique de temporisation devenue proverbiale. Mais en 216 les élections donnent le pouvoir aux partisans de l'offensive, les deux consuls Terentius Varro et Paul Émile. La bataille de Cannes, en Apulie, coûte à Rome 46 000 de ses meilleurs légionnaires (2 août 216).

L'échec du plan d'Hannibal

La puissance militaire qui unissait l'Italie étant ainsi brisée, Hannibal peut espérer la désagrégation de la confédération. Effectivement, Capoue passe dans son camp, suivie par les Grecs de Tarente et de Syracuse. Mais, contrairement aux espoirs du Barcide, ces ralliements ne permettent pas à la flotte punique de reprendre le contrôle de la mer. D'autre part, au milieu des épreuves, rassemblant toutes ses énergies, Rome a réussi à créer au centre de l'Italie une formation politique d'un type nouveau, un véritable État national, dont le noyau n'a pas été entamé par les défections de ses associés, et qui révèle une vitalité et une capacité de résistance qu'Hannibal n'avait pas soupçonnées. Les légions se reconstituent ; la tactique de Fabius ayant fait ses preuves, elles évitent maintenant les grandes batailles et s'appliquent à « grignoter » patiemment les positions carthaginoises. Dans le même temps le royaume barcide d'Espagne, agglomérat de peuples unis seulement par la force et la diplomatie, s'effondre aussi vite qu'il a été constitué : dès 216 les deux frères Scipion, Cneus et Publius, parviennent à rallier à la cause romaine la plupart des tribus de la Meseta, ne laissant aux Carthaginois que la Bétique (l'Andalousie) et les côtes méditerranéennes du Sud-Est.
Devant l'échec de ses espoirs, Hannibal tente d'élargir ses plans en entraînant le monde grec dans la lutte contre Rome. Il obtient dès 216 l'alliance du roi de Macédoine Philippe V, qui dispose de la meilleure armée hellénique. Mais ce succès diplomatique demeure sans effet sur l'évolution de la guerre : Philippe est retenu par les affaires grecques et Rome conserve la maîtrise de la mer. La reprise de Capoue et de Syracuse en 211 ruine toute possibilité de débarquement grec ou punique en Italie.

Dernière phase de la guerre

Une dernière chance s'offre pourtant aux Carthaginois en cette même année 211. Mal soutenus par le gouvernement romain (pour des raisons de politique intérieure sans doute), les Scipions sont brusquement abandonnés par leurs alliés espagnols, vaincus et tués. Le fils de l'un d'eux, Publius Scipio, le futur Scipion l'Africain, obtient du peuple l'autorisation d'aller venger son frère et son oncle et, à peine arrivé en Espagne, en 210, enlève par surprise Carthagène, capitale des Barcides. Mais Asdrubal II profite de l'occasion pour rééditer le raid de son frère cadet Hannibal à travers la Gaule méridionale, que l'amitié des Volques maintient dans le camp punique. L'arrivée de cette armée fraîche peut retourner la situation en faveur d'Hannibal mis progressivement en difficulté par les légions dans l'extrême sud de la péninsule. L'audace des Barcides est pour une fois surpassée par la témérité d'un Romain, Claudius Nero, qui laisse un rideau de troupes devant Hannibal, court rejoindre l'autre consul Livius Salinator sur le Métaure et, avec lui, écrase Asdrubal en 207.
Dès lors, Hannibal perd complètement l'initiative des opérations. Pendant qu'il se défend pied à pied dans le Bruttium, Scipion achève de conquérir l'Espagne et, malgré les réticences de Fabius, obtient l'envoi d'une expédition en Afrique (204). Le Barcide ne reprendra un rôle important dans la guerre qu'après s'être échappé d'Italie en 202 ; à ce moment Carthage a déjà virtuellement perdu la partie en Afrique, Scipion ayant pu enlever le royaume de Numidie à Syphax pour le donner à Massinissa, allié des Romains. Hannibal constate que c'est en Numidie que la partie va se jouer ; aussi débarque-t-il non à Carthage, pratiquement bloquée, mais à Hadrumète, l'actuelle Sousse, d'où il marche sur la capitale orientale des Numides, Zama (202). L'affrontement décisif se situera non loin de cette ville (probablement dans la vallée de l'ouest Siliana, plutôt que dans le bassin du Sers) ; ce sera la première défaite d'Hannibal en bataille rangée, et la fin de Carthage en tant que puissance politique.

La fin d'Hannibal

Cependant, la paix signée, Hannibal ne perd pas l'espoir de redresser la situation. Il prend part aux luttes politiques, devient le chef du parti démocratique et essaie de parfaire la révolution accomplie un demi-siècle plus tôt par son père, en achevant d'abattre les vestiges de la constitution oligarchique de Carthage. Mais lorsqu'il est parvenu à se faire élire sufète, ses adversaires alertent Rome, qui exige son élimination (195). Il quitte précipitamment sa patrie et tente de reprendre la lutte sur un autre terrain, en y entraînant le monde hellénistique sous la conduite du roi séleucide de Syrie Antiochos III. Mais les plans du Barcide sont écartés par l'état-major royal, et il assiste impuissant à la victoire de Rome en Asie Mineure. La paix d'Apamée l'oblige à trouver un autre refuge (188) ; il demande asile au roi de Bithynie Prusias. Mais celui-ci n'osera pas refuser de livrer son hôte aux envoyés de Rome venus le réclamer, et Hannibal n'aura d'autre issue que le suicide (183), à Libyssa, près de l'actuelle Brousse.

# Posté le samedi 28 mars 2009 07:24

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Hannibal : un as de la stratégie militaire

Anca Seculin (Histoire et Civilisation)

Nous sommes dans la période de l'expansionnisme romain. Rome, devenue République 250 ans plus tôt ( en ~509 ), s'est rendue maître de toute l'Italie. Elle ne tarda pas à attaquer sa seule ville rivale : Carthage. C'est à cette époque que vécut Hannibal, un grand général carthaginois. Dans ce texte, je vous parlerai d'abord du contexte historique dans lequel a vécu Hannibal. Je présenterai ensuite le personnage et je montrerai l'héritage qu'il nous a laissé.

À la veille des guerres puniques, Rome traverse une période de stabilité socio-politique. En face de Rome, Carthage, ville phénicienne fondée en ~814, est une riche cité marchande et industrielle, amarrée à la terre africaine. Les deux villes sont des républiques aristocratiques (oligarchiques). Carthage est gouvernée par un sénat de 300 membres choisis parmi les familles les plus importantes. Une d'entre elles est le fameux clan des Barcides. Les exclus de la société sont les esclaves publics (mineurs et travailleurs en industrie) qui n'ont aucun droit. La religion carthaginoise montre son spécifique avec le “signe de Tanit”, la déesse lunaire. Une autre originalité de la cité réside dans l'existence possible du tophet ( infanticides officiels ).

À cette époque, Rome et Carthage entretenaient de bons rapports et avaient pour ennemi commun les Grecs. Carthage a dû les combattre pour s'implanter dans l'Ouest de la Sicile. Cependant, vers ~283, des mercenaires campaniens, les Mamertins, s'emparent de Messine, en Sicile. Menacés par les Carthaginois, ils appellent les Romains à l'aide. Cet événement déclenche la première guerre punique (~264-~241). Enfin, la ténacité et le grand nombre de soldats romains portent à l'échec le général carthaginois Hamilcar Barca. Souffrances et ranc½urs accumulés font désormais de Rome et de Carthage des ennemies “héréditaires” : Hamilcar aurait ainsi exigé de son fils Hannibal la promesse de venger la défaite punique.

Hannibal Barca est né à Carthage en ~247. Il faisait partie de la puissante famille des Barcides et il a eu une éducation soignée à laquelle président des précepteurs grecs, en particulier le lacédémonien Sosylos, qui sera son historien.

Sous la conduite d'Hamilcar Barca et de son fils, les Carthaginois se lancent avec succès, à partir de ~237, à la conquête de l'Espagne, riche en mines d'argent. Le général punique Hamilcar administre cet éphémère empire des Barcides.

L'attaque d'Hannibal contre Sagonte, cité alliée de Rome, marque le début de la seconde guerre punique : “ La Guerre d'Hannibal” (~218-~201). Après la prise de Sagonte, Hannibal se rend en Italie avec 80 000 hommes et 37 éléphants qu'il veut utiliser pour écraser l'armée romaine. Il franchit les Alpes, où il perd la moitié de ses éléphants. L'utilisation guerrière d'éléphants était déjà connue des Romains, mais elle était toujours aussi terrifiante. Plusieurs batailles sont nécessaires pour réussir à écraser l'armée romaine : en ~218 sur Tessin et sur Trébie, en ~217 au lac Trasimène et en ~216 à Cannes.

À cette date, l'armée romaine est décimée, mais elle refuse de s'avouer vaincue. Fabius rassemble les débris de l'armée et va, de ~216 à ~212, harceler les Carthaginois qui attendent en vain l'arrivée des renforts. La maîtrise romaine des mers et l'armée de Scipion opérant en Espagne empêchent Carthage d'envoyer de l'aide à Hannibal. En ~204, le général de 21 ans, Scipion, débarque en Afrique. L'armée d'Hannibal, rappelée d'Italie pour défendre Carthage, affronte en ~202 celle de Scipion dans un ultime combat à Zama qui se solde avec la défaite des Carthaginois.

Pendant les vingt ans qui lui restent à vivre, Hannibal fera plusieurs métiers : homme politique, diplomate et chef des services secrets, général, amiral, mais aussi architecte et urbaniste. Il fit construire un nouveaux quartier sur le sommet de la colline Byrsa, à Carthage. Mais lorsqu'il est élu suffète, ses adversaires alertent Rome, qui exige son élimination (~195). Hannibal quitte précipitamment sa patrie et demande asile au roi de Bithynie qui avait l'intention de le livrer aux Romains. Hannibal n'aura d'autre issue que le suicide en ~183.

Pendant ce temps, Carthage est de nouveau écrasée par d'énormes indemnités de guerre. Rome devient la première puissance de la Méditerranée occidentale, mais elle est déstabilisée. Une troisième guerre punique éclatera en ~149, qui entraînera la ruine définitive de Carthage.

En conclusion, les campagnes d'Hannibal sont très appréciées par les historiens militaires. D'un point de vue tactique, la bataille de Cannes demeure, au niveau des principes, un modèle. Elle faisait l'objet du travail de fin d'études du général Norman Schwartzkopf, commandant des forces terrestres américaines pendant la guerre du Golfe. Hannibal est aussi un exemple de courage et de détermination. Napoléon lui-même professait une admiration sans bornes pour le génie de celui qui “ mit plusieurs fois à deux doigts de sa perte la terrible et redoutable Rome”. Hannibal nous a laissé le souvenir d'une fière civilisation marchande au nord de l'Afrique qui a pris fin brusquement à l'époque de l'expansionnisme romain.

Le passé composé, vol.1, no1 (avril 2000)

© CVM, 2004

# Posté le samedi 28 mars 2009 07:39

Quand Bourguiba pleur face a Hannibal

Quand Bourguiba pleur face a Hannibal

En ce moment je suis en train de lire le témoignage de Tahar Belkhodja sur les trois décennies Bourguiba (en entier cette et non pas des chapitres isolés trouvés sur la toile) et je me suis arrêté sur ce passage :
« En 1968, alors que j'étais responsable de la Sûreté nationale, il décida de se rendre à Istanbul en “visite privée”. Je l'y accompagnai, connaissant ses intentions et un peu perplexe quant au résultat. Reçu avec le protocole d'une visite d'Etat, il ne se laissa pas détourner de son idée et demanda aussitôt à se rendre sur la tombe d'Hannibal traditionnellement située sur les rives de l'Hellespont (les Dardanelles). Très gênés, les Turcs tentèrent vainement d'éluder ce souhait. Bourguiba, insistant véhémentement, sans la moindre périphrase diplomatique, nos hôtes finirent par nous amener, presque dans le désert, sur un monticule où se dressait une petite construction vétuste : le présumé tombeau d'Hannibal. Aussi bouleversé par la proximité supposée de son héros que par l'état d'abandon de sa sépulture, le Combattant suprême gémit et fondit en larmes. Durant près d'une heure, devant nos hôtes qui ne savaient quelle contenance adopter, il resta là, à méditer entre deux sanglots... Nous passâmes une semaine en Turquie et chaque jour, à tous les officiels, Bourguiba ne parla que de son désir de ramener en Tunisie les restes d'Hannibal avec lui, dans son avion. Pour essayer d'atténuer sa déception, les Turcs firent leur autocritique : oui, ils avaient failli à l'histoire en n'honorant pas comme il convenait ce héros de la lutte contre l'impérialisme romain, mais ils lui construiraient un grand mausolée qui symboliserait, en outre, la fraternité entre nos deux pays. Bourguiba eut du mal à cacher sa déception. Néanmoins, il rapporta avec lui une fiole remplie de sable qu'il avait recueilli lui-même sur la tombe d'Hannibal. »
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# Posté le samedi 28 mars 2009 07:57

la tombe de hannibal en turquie

la tombe de hannibal en turquie
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# Posté le samedi 28 mars 2009 08:17